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Les Suisses sont-ils 25% plus Européens ?



Nous nous réjouissons tous de partir en vacances en Europe cette année, notre franc fort nous garanti en effet un pouvoir d’achat bien supérieur à la moyenne européenne. Gare à ceux qui y prendraient goût ! Ils risquent de déchanter une fois de retour en Suisse. De toute évidence, de nombreux consommateurs avaient déjà constaté que les avantages de change sur l’importation n’ont pas été répercutés en Suisse. Ce sentiment s’est vu confirmé par une récente étude du département fédéral de l’économie qui a constaté que la répercussion à la baisse n’a eu lieu que dans 40 % des cas. Pourtant, le franc suisse s’est apprécié de plus de 15 %, ce qui aurait du amener à une baisser généralisée des prix en Suisse. Force est de constater que le niveau des prix suisse reste en moyenne supérieur à 30 % aux prix européens. Ce constat est d’autant plus étonnant que la Suisse applique unilatéralement le principe du « Cassis de Dijon » et que les importations parallèles sont autorisées. En résumée, malgré la force du franc, ceux qui s’approvisionnent en Suisse dépensent plus que ce qu’ils devraient et voient ainsi leur pouvoir d’achat diminuer. Plusieurs causes à cela : les ententes horizontales et verticales sur les prix existent toujours en Suisse, les gains de changes ne sont que rarement répercutés.

Face à une absence de volonté politique immédiate de faire répercuter les baisses de prix, les consommateurs, pour rependre la théorie de Hirschman, sont face à deux choix : Exit ou Voice ; c’est à dire de consommer ailleurs (exit) ou de manifester (voice) leur mécontentement. Les Suisses, de nature, ne sont pas des manifestants, des battants, la culture du consensus prédomine dans notre pays. Ainsi, très peu de personnes se plaignent publiquement des prix trop élevés en Suisse, mais cela ne cache pas moins une exaspération généralisée. Les Suisses ont donc décidé de manifester leur mécontentement avec leurs pieds en allant faire leurs achats de l’autre côté de la frontière. Le tourisme d’achat enregistre d’ailleurs des records.

Prenons un exemple où le gain potentiel est significatif : l’achat d’une voiture neuve. Les gains potentiels pour un consommateur important lui-même sa voiture sont de l’ordre de 30 % par rapport au prix catalogue suisse. Le gain est parfois de 50 % chez les importateurs directs. L’augmentation de près de 150 % des importations parallèle de voitures n’étonnera donc personne. De plus la Commission de la Concurrence (Comco) veille au grain, elle a en effet infligé une amende de 156 millions infligée à BMW pour avoir interdit à ses concessionnaires jouxtant la frontière suisse de vendre des véhicules aux Suisses.

Une victoire pour les consommateurs, mais elle sera de courte durée. Depuis le 1er juillet 2012, toutes les voitures vendues en Suisse ne doivent pas émettre plus de 130 grammes de Co2 par kilomètre, faut de quoi, l’acheteur doit s’acquitter d’une taxe. Les importateurs officiels ont la possibilité de compenser la vente d’un véhicule polluant par celle d’un véhicule respectant la limite de 130 grammes. Au-delà du principe discutable de subvention par les petites voitures de voitures polluantes, on comprend que les importations parallèles individuelles seront de facto rendues inintéressantes, le seul moyen d’échapper à la taxe étant d’acquérir son véhicule dans une concession officielle.

Les domaines où l’on constate un écart de prix significatif entre prix européens et suisses sont nombreux. Le Conseiller aux États, Didier Berberat l’a souligné dans une interpellation sur les prix prohibitifs des journaux étrangers. Certains coûts logistiques doivent être pris en compte mais ces derniers ne justifient pas à eux seuls un écart pouvant aller jusqu’à trois fois le prix. Les magasins de sport ont quant à eu souffert de la répercussion tardive du franc fort, les prix français pour les vélos étaient par exemple équivalents au prix d’achat des magasins suisses. Apple facture en Suisse sa musique sur iTunes 25% de plus qu’en Europe alors qu’il s’agit là d’un bien immatériel par excellence. Ainsi, les exemples ne manquent pas. La Comco traite d’ailleurs de plus en plus de dossiers, mais elle n’a pas le pouvoir nécessaire pour imposer une baisse de prix.

Finalement, il n’y a pas de chiffres absolus, cela dépend de chaque produit. Une chose est néanmoins certaine, l’écart de prix est encore plus inadmissible lorsqu’il n’y a aucune valeur ajoutée en Suisse. Il est donc urgent de renforcer la concurrence en Suisse. Pour cela il est nécessaire de garantir à la Comco tous les moyens de lutter contre les ententes et les prix surfaits. De plus, il est certainement nécessaire de durcir la loi sur les cartels en interdisant les accords horizontaux et verticaux, permettant de réelles importations parallèles. Il est aussi du devoir des consommateurs de manifester leur mécontentement en pratiquant le « tourisme d’achat » en attendant que les prix suisses reflètent ceux de l’UE. La Suisse y gagnerait aussi en compétitivité.

crédit photo : migros.ch



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