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Franc suisse : la fin du taux plancher, et après ?




Europe, se reposer la question

La question de l’adhésion de la Suisse à l’UE n’a jamais été aussi peu plébiscitée dans les sondages (17%). Pourtant, la crise de la zone euro fait resurgir tout du moins la thématique de débat sur les relations entre la Suisse et ses voisins européens. La pression s’accentue ces derniers jours sur la capacité de la BNS à maintenir son taux plancher. La BNS a-t-elle les moyens de maintenir son taux plancher de 1,20 CHF pour 1 euro ? Il semble que nous soyons aux limites de ses capacités. En effet, le fait que Thomas Jordan (président de la BNS) ait évoqué « un contrôle direct sur les flux de capitaux en Suisse » comme une réintroduction des taux d’intérêt négatifs, plaide en ce sens. Que se passera-t-il lorsque la BNS n’aura plus les moyens de maintenir son taux plancher ? Il est temps de se poser la question.

On le comprend bien, le franc fort est aujourd’hui un problème qui risque de pénaliser fortement l’industrie d’exportation suisse. Sachant qu’un franc sur deux est gagné en Europe, on mesure que le risque social et économique n’est pas négligeable.

Adopter la même monnaie que ses partenaires économiques semble être une solution pragmatique pour se protéger des risques de variations du taux de change et ainsi garantir sa compétitivité. La reprise de l’Euro par la Suisse est juridiquement possible autant qu’une adhésion, qui pourrait se négocier en 6 mois affirme des spécialistes du droit européen. La Suisse est compatible avec l’Union à tout point de vue.

L’enjeu est principalement politique. Il est impossible de chiffrer et de comparer un ralentissement économique aux coûts d’une adhésion. De plus, la Suisse se trouve aujourd’hui dans une situation diplomatique intéressante qui, en cas d’adhésion, lui permettrait sans doute de négocier son statut ainsi que des dérogations pour son industrie de services financiers et bancaire (historiquement opposée à une entrée dans l’Union européenne). La rapidité avec laquelle les chancelleries européennes ont ratifié l’accord Rubik (accord qui prévoit un impôt forfaitaire unique sur le capital déposé en Suisse par les ressortissants des états signataires) plaide en ce sens. Il s’agit peut-être de la dernière occasion de sauver le secret bancaire durablement.

De part sa position géographique, nul de peut ignorer que la Suisse est inévitablement liée au destin des Européens. Elle a longtemps profité des avantages de l’intégration européenne sans avoir à en payer les coûts. Elle n’avait sans doute jamais imaginé que sa position d’outsider soit un jour un problème. Le temps est venu de rouvrir le débat d’une adhésion. La crise change les paramètres du débat Suisse-Europe en obligeant nos dirigeants à élargir le champ, dépasser les débats sectoriels des accords bilatéraux. La question mérite d’être posée ; souhaitons-nous adhérer à l’Union européenne ? Alors que l’Europe s’interroge sur son avenir, il est légitime que la Suisse fasse de même. Le moment est peut-être venu d’être solidaire de ses voisins. Paradoxalement, la Suisse y gagnerait en souveraineté, en participant au « shaping process » des nouvelles législations européennes. Débattre de l’adhésion apparaît aujourd’hui comme non seulement légitime mais surtout nécessaire.

crédit image : frc.ch

Ps : article publié dans une version plus courte le 27 juin 2012 dans la Tribune de Genève



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Auteurs

Søren Henrichsen
Étudiant en master à l’Institut Européen depuis septembre 2010, il y suit l’orientation économie, politique et société. Il a auparavant étudié les relations internationales à l’Université de Genève, avec (...)


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