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Angleterre- Italie : Eurosceptiques vs Européistes



L’équipe d’Angleterre et d’Italie nous ont livré un match généreux hier soir. Avec une performance à couper le souffle, les deux équipes ont multiplié les occasions pour le plus grand plaisir des spectateurs. Au-delà d’un match époustouflant, c’est aussi le fair play entre les joueurs qui a permis une si belle prestation. L’engagement de l’Italie tout au long des 120 minutes de jeux a fini par payer, et les voici qualifiés pour les demi-finales. Pour sa part, l’Angleterre a su démontrer une combinaison imparable entre les défenseurs et les milieux de terrain, cependant, la retenue des joueurs sur le plan offensif ne leurs a pas permis de se démarquer. À l’image du match d’hier soir, la Grande-Bretagne joue aussi sur la défensive lorsqu’il s’agit d’intégration européenne.

Constamment déchiré entre deux continents, le Royaume-Uni peine à se considérer européenne, et est, sans aucun doute, l’Etat membre de l’UE le plus eurosceptique. Refusant inlassablement une construction européenne plus intégriste, Londres s’oppose généralement à toute délégation des pouvoirs vers Bruxelles. Or, cette tendance n’a rien de nouveau et se confirme sur le long terme. Se heurtant au refus de la France, le Royaume-Uni rejoint la Communauté Européenne en 1973 seulement. Par la suite, son intégration au sein de l’Union ne sera que partielle, en s’opposant notamment à la reprise de l’Euro et demandant des closes particulière quant à son accession au sein de l’espace Schengen [1]. Plus récemment, David Cameron, Premier Ministre britannique, a suscité une fois de plus l’agacement auprès des autres Etats Membres en refusant de ratifier le nouveau traité budgétaire européen. À nouveau, le Royaume-Uni se désolidarise de l’effort collectif des 26, préférant faire cavalier seul pour sauver la City. Le Royaume-Uni réitère ainsi sa tradition d’eurosceptique afin de ne subir aucune ingérence de la part de Bruxelles et de préserver la compétitivité financière de la City sur le plan international [2]. De son côté, l’Italie, pionnière en matière de construction européenne, a toujours fait partie du clan des Européistes. Outre, le fait que l’Italie ait été l’un des 6 pays fondateurs de la Communauté Economique Européenne fondée à Rome en 1957, le gouvernement italien a majoritairement été en faveur d’une plus grande intégration européenne. Contrairement à la Grande-Bretagne dont le gouvernement ainsi que les citoyens sont plutôt sceptiques face à un renforcement des pouvoirs européens, les Italiens font confiance aux institutions européennes.

Un exemple flagrant de ce décalage entre le Royaume-Uni et l’Italie concerne la perception des politiques d’immigrations européennes. Pourtant tous deux exposés à une forte immigration, l’Italie, en raison notamment de sa situation géographique proche des côtes africaines et des Balkans, et la Grand-Bretagne, compte tenu de son appartenance au Common Wealth, réagissent de façon sensiblement différente. En 1999, le Traité d’Amsterdam prévoit la mise en place de mesures supranationales concernant les politiques d’immigrations des Etats Membres. Au jour d’aujourd’hui, si la majorité des citoyens européens (environ 60 pourcent) comprennent encore la nécessité d’avoir une politique d’immigration au niveau européen, la disparité entre la Grande-Bretagne et l’Italie est la plus grande. En effet, la Grande-Bretagne, peu investie dans le processus d’intégration, est le seul pays dont la population souhaite garder les décisions politiques en matière d’immigration entre les mains des décideurs nationaux [3]. Tandis que la population italienne, dont la confiance envers les institutions politiques nationales est faible, souhaite une plus grande implication des institutions communautaires et voit en l’Union européenne la possibilité de faire entendre sa voix. Par conséquent, nous pouvons constater une corrélation négative entre le taux de confiance envers les institutions nationales et la volonté d’implication de l’Union européenne. Or, si le match d’hier soir a de quoi donner largement confiance aux Italiens dans leur propre capacité, force est de constater qu’un excès de self-confidence peut aussi conduire à un certain isolement. A l’image des quarts de final, l’Angleterre, à trop rester sur la retenue, a fini par se mettre elle-même hors-jeu, tandis que l’Italie a su par son investissement constant gagner sa place en demi-finale.


[1] « L’essentiel sur l’UE », http://www.touteleurope.eu/fr/organ..., 24.04.2012

[2] Sébastien Dumoulin, « Royaume-Uni - UE : histoire d’un couple économiquement mal assorti », http://www.lemonde.fr/economie/arti..., 13.12.2011

[3] Diamanti Ilvo, Bouyssou Rachel, « Immigration et citoyenneté en Europe : une enquête », in Critique internationale (Vol. 8), 2000. pp. 73-95.



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Auteurs

Cynthia GUIGNARD
Titulaire d’un Bachelor en Relations Internationales à l’Université de Genève avec un mémoire de fin d’étude sur le rôle du CICR pendant la Guerre de Corée, Cynthia Guignard poursuit ses études à (...)

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