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Grèce et France, l’enjeu est européen




La Grèce, mais aussi la France doivent maintenant prendre leurs responsabilités

Le soulagement est le sentiment qui domine dans la presse européenne à la suite des élections en Grèce. Mais personne n’est dupe, une sortie de crise est encore loin d’être à l’ordre du jour. En France, la gauche dispose maintenant de la majorité absolue, ce qui lui laisse les mains libres pour reformer une France en mal de compétitivité et fortement endettée. Les Grecs comme les Français sont dans l’expectative face à leurs gouvernements auxquels ils demandent maintenant d’agir.

« Un vote tendu pour l’euro ». Le titre de The economist résume bien la tension qui régnait en Europe ce weekend. En effet, toute l’Union, éventuellement le monde entier, était suspendu au résultat des élections grecques de dimanche dernier. Le dénouement de ces élections a donc vu le parti Nouvelle Démocratie (29.7%) l’emporter juste devant Syriza (26.9%). Le PASOK arrive troisième avec 12.3% des voix. Pour The economist, la peur de sortir de l’euro a été plus forte que l’hostilité au plan d’austérité.

Le leader de Nouvelle Démocratie, Antonis Samaras (centre-droit), a maintenant la lourde tâche de former un gouvernement d’union nationale pro-mémorandum. À l’heure où nous publions, ce serait chose faite. La composition du nouveau gouvernement devrait etre connu aujourd’hui. Au delà de la politique interne, Antonis Samaras l’eurosceptique devra convaincre ses partenaires européens de sa volonté de respecter les engagements de reformes de la Grèce. La tâche sera ardue, ce qui fait dire au Frankfurter Rundschau que Samaras « n’a rien à fêter ».

Le quotidien grec Kathimerini se montre critique envers la classe politique grecque en général. En effet, Alexis Papachelas estime que « l’avenir de la Grèce est assuré si les partis politiques parviennent à incarner une qualité qui leur fait défaut : le sens des responsabilités » . Il déplore aussi l’absence d’hommes politiques courageux et talentueux. « Franchement, les partis politiques [grecs] ne débordent pas de ces personnes ». Il invite aussi les « responsables politiques à se monter à la hauteur du défi ». Les leaders des différents partis doivent dépasser les attentes. On remarque ici un message à peine voilé pour Alexis Tsipras, chef de file de Syriza. Un comportement d’opposition irresponsable ne mènera à rien, car les Grecs « sont tous dans le même bateau ». Il demande finalement aux Grecs de laisser une chance à la classe politique. « Pour une fois, laissons-les nous réserver une bonne surprise ».

Le ton semble moins optimiste dans la presse allemande. Si l’on n’en croit le Frankfurter Rundschau, Antonis Samaras va devoir se confronter « à l’impossible ». Le quotidien nous rappelle qu’en août, au plus tard, les créanciers internationaux voudront être remboursés. « La triste vérité est que les Grecs qui, hier encore, se levaient dans une fierté désespérée contre le diktat d’austérité de l’Europe se réveillent aujourd’hui comme des mendiants. (…) L’Union ne leur laissera pas beaucoup de marge de manœuvre ». Pour le quotidien barcelonais, la Vanguardia, « la logique profonde du système de pouvoir européen- un empire mou et étrange avec Berlin pour capitale- s’est imposé ».

Le quotidien romain La Repubblica se montre plus modéré et réaliste. « Face aux sirènes du populisme et de la colère, les Grecs ont choisi le chemin le plus difficile, mais aussi le seul qui porte l’espoir d’un avenir meilleur. Ce qui n’allait pas du tout de soi. » Le pire a donc, semble-t-il, été évité (pour le moment), mais la crise est loin d’être terminée. Les prochains mois seront sans doute décisifs, espérons que les politiciens grecs seront à la hauteur de la tâche qui les attend et des espoirs qu’ils ont suscités.

Du côté français, le résultat des législatives a ouvert la voie aux réformes. En effet, tous les échelons politiques français sont maintenant à majorité socialiste. Le Temps constate qu’avec cette « hypermajorité, Paris peut aller de l’avant » [1]. Ces dernières semaines, le premier ministre Jean-Marc Ayrault, est resté volontairement vague sur les réformes à entreprendre. Les finances publiques françaises nécessitent des mesures urgentes. Le premier ministre français a pris la mesure de la tâche à accomplir. « L’œuvre qui est devant nous est immense. Rien ne sera facile. Rien ne nous sera donné » [2]. Un audit de la Cour des comptes sur la situation des finances publiques françaises sera rendu public le 28 juin prochain. Cet audit servira sûrement de base pour les mesures d’économie que la France doit entreprendre. Car la France doit faire « entrer des dizaines de milliards dans les caisses, pour tenir les objectifs de 4,5% de déficit en 2012 et de 3% en 2013 » [3].

Les échos souhaitent quant à eux que les querelles franco-allemandes cessent au plus vite, car le moment n’est pas opportun. « Maintenant que le temps des élections est passé en Grèce et en France, Paris et Berlin ont une urgence devant eux : mettre un terme à leurs querelles et renouer ». Le journal économique est convaincu que les deux pays doivent dépasser « un double malentendu ». Les Allemands seraient persuadés que la posture de croissance défendue par François Hollande n’est que de nature politicienne. Les Français sont quant à eux persuadés que les Allemands ont « tiré tous les bénéfices de l’euro et qu’elle est coupable de la récession en Europe ». Ces malentendus ne seront levés que si chacun fait un pas vers l’autre.

L’heure est donc à la responsabilité de part et d’autre du continent européen. Les peuples ont élu des représentants dont ils attendent des résultats. La marche vers le progrès n’est pas inéluctable, l’histoire nous enseigne que le vent peut tourner soudainement. Ainsi, aujourd’hui, plus que jamais, l’Europe a besoin d’hommes et de femmes politiques capables d’une vision, capables de mobiliser et capables de faire les bons choix. Espérons que les électeurs ne se soient pas trompés.

Crédit photo : slate.fr Installation d’un nouveau drapeau grec sur le toit du parlement


[1] Le Temps, mardi 19 juin 2012

[2] Le Temps, mardi 19 juin 2012

[3] Le Temps, mardi 19 juin 2012



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Auteurs

Søren Henrichsen
Étudiant en master à l’Institut Européen depuis septembre 2010, il y suit l’orientation économie, politique et société. Il a auparavant étudié les relations internationales à l’Université de Genève, avec (...)




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