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L’Europe sur le devant de la scène



Dans l’actualité des derniers jours, la crise continue à faire parler d’elle, l’Espagne vient de demander une aide de 100 milliards à l’Union européenne (hors FMI, contrairement à la Grèce). Cette aide suffira-t-elle à calmer les marchés ? Les états membres de l’Espace Schengen ont accepté, à l’unanimité, la possible réintroduction de frontières nationales en cas « de pressions migratoires incontrôlables ». Nous conclurons cette revue de presse par un petit crochet « sportif » : l’euro 2012 de football. Quelle est l’implication de l’Union dans la gestion d’une telle manifestation, en particulier dans l’enjeu de la sécurité ?

Un prêt de 100 milliards d’euros a été alloué à l’Espagne afin qu’elle puisse recapitaliser ses banques. La garantie d’aide accordé samedi dernier à Madrid est différente de l’aide accordé à la Grèce. En effet, l’aide à l’Espagne n’est pas assortie de réformes structurelles et n’implique pas le FMI. D’ailleurs, Richard Werly fait justement remarquer que l’enjeu est maintenant pour l’Espagne de se « différencier au maximum » des « trois autres pays sous assistance : la Grèce qui a reçu 230 milliards d’euros (en mai 2010 puis en mars 2012), l’Irlande soutenue à hauteur de 85 milliards (en décembre 2010) et le Portugal pour 78 milliards (en mai 2011) » . La zone euro choisi de faire confiance à l’Espagne en lui octroyant cette aide « préventive » [1]tout en lui laissant pour l’instant une autonomie relative quant aux reformes à mettre en place.

Enrique Gil Calvo estime dans le quotidien El Paìs que ce sauvetage est « un moindre mal ». Enfin, il résume la situation de la façon suivante : « la tumeur cancéreuse va enfin être extirpée par le chirurgien européen, puisque nous ne pouvons pas le faire seuls ». De même, il se réjouit que ce sauvetage soit « light ». De l’autre côté de l’Europe, on ironise un peu sur ces plans de sauvetage successifs, à l’image du Volkskrant qui estime « que le canot de sauvetage commence à être bien plein ». Les échos se félicitent quant à eux que « les outils mis en place au niveau européen fonctionnent pour traiter ce type d’urgence » et ce, grâce à un « dispositif qui n’existait pas il y a encore quelques mois ». L’Europe avance donc, mais suffisamment pour convaincre les marchés ?

L’économiste Federico Fubini s’inquiète justement dans le Corriere della Sera , de ce que les interventions européennes n’échouent à rassurer les marchés. Le Temps constate d’ailleurs qu’ « après une euphorie dans la matinée, les investisseurs ont en effet commencé à afficher davantage de prudence en attendant de connaître les détails du plan d’aide européen aux banques espagnoles ». [2] Il est vrai que de nombreux détails du plan sont encore inconnus. Les prochaines semaines seront décisives…

Sur un autre registre, les États membres de l’espace Schengen ont décidé à l’unanimité, la possibilité de réintroduire le contrôle aux frontières de manière temporaire. Plus précisément, en cas de « pressions migratoires incontrôlables à une de leurs frontières extérieures », les États membres de l’espace Schengen pourront « pour une durée de 6 mois (pouvant être prolongée pendant six mois supplémentaires) », rétablir le contrôle à leurs frontières nationales. La mise en œuvre de cette « mesure extrême » est néanmoins encadrée par des « conditions très strictes ». Ce n’est en effet qu’après « avoir tout tenté en aidant le pays et après un constat d’échec répété que les États membres, collectivement, pourront décider en Conseil à la majorité qualifiée » d’un rétablissement de tels contrôles.

Cet accord ne fait de loin pas l’unanimité. La commissaire européenne en charge des Affaires intérieures, Cecilia Malmström, l’a fait savoir sur son compte Twitter. « Ce n’est pas un mécanisme européen ». De plus, elle met en garde contre un accord « qui nous met à la merci des pressions populistes dans les États ». Le parlement européen a également dénoncé cet accord. Martin Schulz a souligné que « la libre circulation est un des piliers de l’UE » . On l’aura compris, les institutions européennes ne se réjouissent guère d’un tel accord qui les empêche d’avoir la main sur ces décisions de fermeture de frontière.

Pour conclure sur une note plus positive et moins controversée ; euro de football 2012. Le Bulletin quotidien Europe met en lumière le rôle, peu connu, joué par la Commission européenne dans la sécurité des stades de football. L’exécutif européen, ces derniers mois, a « offert un appui technique et des conseils à la police et aux gardes- frontières polonais en matière de formation et de développement de la méthodologie pour l’utilisation d’équipement » de détection chimique et biologique. Il s’agit d’une première pour un événement de cette ampleur. Les supporters seront scannés à l’entrée des stades, replaçant les contrôles traditionnels. Cecilia Malmstöm est visiblement sur le devant de la scène, elle explique que « l’Euro 2012 doit être une fête où tout le monde peut se sentir en sécurité ». Cette sécurité à un coût, l’UEFA devrait-elle en supporter une plus grande partie ? C’est un autre débat.


[1] Le Temps, 11 juin 2012

[2] Le Temps, 12 juin 2012.



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Auteurs

Søren Henrichsen
Étudiant en master à l’Institut Européen depuis septembre 2010, il y suit l’orientation économie, politique et société. Il a auparavant étudié les relations internationales à l’Université de Genève, avec (...)




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