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En finir avec les logiques nationales



Le CEVA, la liaison transfrontalière attendue depuis près d’un siècle, suscite de nombreuses attentes dans le fraîchement baptisé « Grand-Genève ». En effet, les experts en mobilité s’attendent à une augmentation de plus de 200 000 habitants dans la région, générant ainsi une demande supplémentaire d’au moins 700 000 déplacements par jours. Il est attendu du CEVA qu’il absorbe une grande partie de cette augmentation de la demande de transport.

Au-delà de l’infrastructure et de la demande de mobilité, le CEVA devrait révolutionner la représentation géographique et mentale de la région. En effet, un habitant d’Annemasse, sera dorénavant plus proche du centre de Genève qu’un habitant de Veyrier.

Car si l’on parle souvent de la Suisse comme d’une grande métropole, elle est surtout le fait du développement du réseau ferroviaire. Alors, si le train a donné aux grandes villes suisses leur caractère métropolitain, quel est l’impact du métro et autre projet de RER sur l’identité de ces villes ?

A ce titre, le M2 lausannois illustre cette nouvelle modernité urbaine, car et contrairement aux Parisiens qui se réjouissent de quitter leur « métro-boulot-dodo », les Lausannois se sont pressés pour utiliser leur M2, aujourd’hui déjà saturé. De même et pour le CEVA, il devrait certes révolutionner la nouvelle géographie genevoise, mais il sera aussi le véhicule d’une nouvelle identité et la clé de voûte du projet d’agglomération « Grand-Genève ». Bien que le nom choisi soit pour certain malhabile, il démontre que Genève se profile en capitale régionale. À l’image du « Grand Paris », Genève souhaite fédérer autour d’elle.

Dans un contexte général de repli nationaliste en Suisse comme en Europe, le CEVA démontre que l’on peut dépasser les logiques nationales. La socialisation a fait son chemin et les élus de part et d’autre de la frontière apprennent, chaque jour un peu plus, à travailler main dans la main. Le CEVA est à ce titre une formidable expérience et un exemple pour une Europe en mal de modèles et de succès. Ce projet est loin d’être nombriliste. Notre région va se transformer, nos élus ont jeté les premiers ponts d’une collaboration, mais c’est maintenant à toutes et à tous qu’il convient de s’ouvrir les uns aux autres. Les frontières physiques ont disparu, le CEVA est une occasion unique d’abattre des frontières mentales, autrement plus tenaces. Le CEVA, générera une nouvelle mobilité, mais surtout une nouvelle identité, bien plus remarquable.

N.B. article publié dans La Tribune de Genève du 25 mai 2012

infographie : etat.geneve.ch



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11 juin 2012
22:44
En finir avec les logiques nationales

CEVA peut-elle dépasser les logiques nationales ? Peut-on vraiment parler de la révolution mentale et géographique ? Soren pose les questions pertinentes et audacieuses. Malgré le ton optimiste de l’article, une question se pose sur le caractère transnational de ce projet avec comme fond, la crise européenne, le fort repli identitaire, ainsi que les initiatives de votes très « nationales » suisses. Toutefois, il est dommage que Soren n’a pas pu explorer les enjeux économiques de ce projet, car à l’instar de l’UE, le projet de CEVA est tout d’abord un projet économique, qui permet de résoudre les problèmes de logements et de transport de la population frontalière. Le nœud gordien de ces problèmes sera en parti résolu par la CEVA. Néanmoins il suffit d’un vote défavorable ou d’une crise économique pour que le projet reste le mort-né. La vie de projets transfrontaliers franco-suisses tient à la situation suisse économique favorable. Il était temps de réaliser ce projet, car du coté français, la réaction à l’immobilisme genevois se faisait sentir (voir les articles de Camilla Barbezat à ce sujet http://eurosuisse.eurosblog.eu/spip... et http://eurosuisse.eurosblog.eu/spip... ) Pourtant, les initiatives de la coopération transfrontalière continuent depuis, voire le projet de lancer le tramway Genève-St.Julien, mais aussi le nouveau projet « la Métropole lémanique », ou les cantons de Vaud et Genève se mobilisent pour défendre leurs intérêts concernant les décisions prises par le parlement, voire le financement pour les projets de la traversée du Léman à Genève et le contournement à Morges. La CEVA sera-t-elle la locomotive, qui donneral’impulsion à la collaboration plus étroite franco-suisse et permettra-t-elle effectivement d’en finir avec les logiques nationales ?

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Auteurs

Søren Henrichsen
Étudiant en master à l’Institut Européen depuis septembre 2010, il y suit l’orientation économie, politique et société. Il a auparavant étudié les relations internationales à l’Université de Genève, avec (...)




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