EUROSBLOGS
--> septembre 2011 juillet 2011 juin 2011 mai 2011 avril 2011 mars 2011 février 2011 janvier 2011
décembre 2010 novembre 2010 octobre 2010 septembre 2010 août 2010 juillet 2010 juin 2010 mai 2010 avril 2010 mars 2010 janvier 2010
décembre 2009 novembre 2009 octobre 2009 septembre 2009 juin 2009 mai 2009 avril 2009 mars 2009 février 2009 janvier 2009
décembre 2008 novembre 2008 octobre 2008 septembre 2008 juillet 2008 juin 2008 mai 2008 avril 2008 mars 2008
Ajouter un commentaire

Hollande : l’enjeu de la croissance. Vraiment ?



Le Conseil Constitutionnel français a validé jeudi dernier l’élection de François Hollande au poste de Président de la République française . La presse francophone est unanime pour constater qu’Hollande ne jouit pas de l’habituel état de grâce faisant suite à l’élection d’un nouveau président. François Hollande devra ainsi se mettre au travail tout de suite, d’autant plus que sa proposition de « pacte pour la croissance » a suscité de nombreux espoirs, mais a aussi fait naitre de nombreuses craintes. Il convient maintenant pour le président élu de clarifier et concrétiser ses idées. Ces partenaires européens, Angela Merkel la première, l’attendent au tournant. Mais s’il était en réalité déjà trop tard ? La crise politique en Grèce aura probablement des conséquences dramatiques avant même que ne se fasse ressentir un quelconque effet d’un pacte de croissance…

L’élection de François Hollande marque la fin de « Merkozy ». De nombreux quotidiens allemands s’en réjouissent ou, du moins, sont convaincus qu’Hollande « rentera dans le rang » et qu’il se montera compréhensif. La Süddeutschzeitung est d’ailleurs convaincue que Merkel a trouvé en Hollande un « bon partenaire », préférable à Sarkozy. Le souhait de maintenir le leadership franco-allemand est, en effet, partagé par la presse française et allemande. Politiken, quotidien danois de centre gauche,se félicite de cette élection, jugeant que Sarkozy s’est laissé pousser trop loin vers l’extrême droit pour des raisons électorales. Certains observateurs ont déjà remplacé « Merkozy » par « Mer-lande », tout porte à croire que ces deux leaders « normaux » sauront s’entendre.

Quoiqu’il en soit, comme nous l’avions dit dans notre article du 16 avril, la fin de la campagne marque le début du retour à la réalité pour les Français. La marge de manœuvre de François Hollande n’est pas grande. Henrik Uterwedde [1] analyse pour le Temps la relation franco-allemande. Selon lui, Angela Merkel « restera de marbre sur le rôle de la BCE et refusera toute renégociation du pacte fiscal » mais il ajoute aussi que la chancelière allemande « a besoin du partenaire français » et « elle s’est montrée ouverte à compléter le pacte fiscal par un agenda de croissance ». [2] Ce fameux volet « croissance » tant voulu par Daniel Cohn-Bendit verra donc peut-être bel et bien le jour. (voir article du 14 février)

Le temps presse, car la situation politique en Grèce vient précipiter une nécessaire prise de position de François Hollande. En résumé, il doit choisir son camp. C’est en tout cas l’avis du Financial Times. [3] Le président français sera-t-il le nouveau chef de file « des rebelles du sud de l’Europe » ? Rien n’est moins sûr selon le Financial Times, car la plupart des analystes estiment que François Hollande pourrait se contenter de quelques concessions de Berlin et choisirait à coup sûr le camp allemand. Le journal économique a son idée sur l’accord que pourrait conclure Merkel et Hollande dans les prochains jours : « Hollande, comme il l’a déjà laissé entendre, reviendrait sur son appel à renégocier le pacte budgétaire » et l’Allemagne « accepterait la mise en place d’un nouveau pacte de croissance exprimé en termes vagues » [4].

Pourtant, accord ou pas, la crise politique en Grèce relègue ces négociations politiques au second plan. En effet, toute la presse européenne qui couvrait lundi dernier l’élection française a pars ailleurs systématiquement consacré un partie importante de son analyse au danger que constitue la situation grecque pour tout le contient.

Les derniers jours ont confirmé l’analyse de Jean Quatremer. Il est fort probable qu’aucun parti ne réussisse à former une coalition gouvernementale , faisant craindre un éventuel scénario « à la belge ». Selon lui, les Grecs ont manifesté leur envie de rester dans l’euro, les partis pro-européens restant majoritaire mais ils ont par leur vote pour les extrêmes aussi refusés la rigueur qui leu est imposée. Ces deux options ne sont pas conciliables et déboucheront sur une nouvelle crise. Personne, et surtout pas le FMI, ne sera prêt à aider la Grèce sans réforme de l’état grec. Mais si l’aide cesse, la Grèce fera faillite et sera poussée à sortir de l’euro, voir même de l’Union. Ce dernier scénario, les 27 états membres s’évertuent pourtant depuis plus de 3 ans à l’éviter, mais il est plus que jamais d’actualité. En cas de faillite, Jean Quatremer analyse justement que « les Grecs connaitront alors la rigueur puissance dix, puisque leur système financier s’effondrera et qu’ils ne pourront plus se financer, ni auprès des Européens, ni auprès des marchés ».

Angela Merkel a un jour dit que la fin de l’euro signifiait, à son avis, la fin de l’Union européenne. La crise politique en Grèce rend cette éventualité chaque jour plus crédible. Cela nous rappelle aussi que les Européens étaient très peu nombreux à célébrer l’Europe le 9 mai dernier. À l’inverse, cette date semble s’être mutée en thermomètre politique, moment privilégié pour les leaders européens de communiquer sur l’état de l’Union et leurs projets la concernant. Herman Van Rompuy a par exemple appelé à « convaincre les citoyens par les résultats » [5]. Daniel Cohn-Bendit en a profité pour revenir sur la nécessité de « répondre aux angoisses » des citoyens européens mais aussi de mettre en garde qu’en démocratie « dire qu’il n’y a pas d’alternative, c’est se tromper, sinon à quoi ça sert de faire de la politique ? ». Il a appelé à ne pas « affamer la Grèce » « sinon la réponse sera ultrafasciste ». [6] Ainsi, il ne reste plus qu’à espérer que les souhaits des différents leaders européens se réalisent, pour que le 9 mai redevienne une occasion de célébrer la construction européenne et non un bilan de santé annuel d’une Union à l’agonie. La croissance est donc un enjeux, mais pas le seul.


[1] Directeur adjoint du Deutsch-Französiches Insitut de Ludwigsburg

[2] "Le ménage franco-allemand, bien que conflictuel, s’entendra", Le Temps, 9 mai 2012.

[3] "Hollande à l’épreuve de la crise grecque, Financial Times, 8 mai 2012.

[4] "Hollande à l’épreuve de la crise grecque, Financial Times, 8 mai 2012.

[5] Bulletin Quotidien Europe, n°10610, 9 mai 2012

[6] Bulletin Quotidien Europe, n°10610, 9 mai 2012



Aucun commentaire
ds Ajouter un commentaire

Auteurs

Søren Henrichsen
Étudiant en master à l’Institut Européen depuis septembre 2010, il y suit l’orientation économie, politique et société. Il a auparavant étudié les relations internationales à l’Université de Genève, avec (...)




Derniers commentaires

L’avenir de la Genève internationale passe par la construction politique de la région
Par Brieux, le 13 août 2012

D’accord avec vous pour ce qui est de la nécessité d’avoir une gouvernance économique européenne. Ce genre de processus est long et complexe, mais il n’en ressortira que du bon pour la Genève internationale.

Piscine et nettoyage

Le robot piscine est idéal pour nettoyer la piscine en profondeur.

Equipe