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Une zone euro entre déficit et croissance



C’est le mercredi 25 avril qu’a choisi Mario Draghi pour relancer le débat entre austérité et croissance lors d’une allocution devant le Parlement européen. Réclamant un « pacte de croissance » complétant le jeune « pacte budgétaire » adopté sous l’impulsion de l’Allemagne, les propos du président de la Banque centrale européenne (BCE) ne sont pas sans rappeler, en pleine campagne présidentielle française, ceux du candidat François Hollande.

Alors que le Premier ministre néerlandais remettait, le 23 avril dernier, la démission de son gouvernement minoritaire de centre-droit, l’Allemagne et sa rigueur budgétaire sont au cœur des critiques dans la presse européenne.

"La perspective de l’élection à la tête de l’État français d’un socialiste aurait-elle suffi à faire basculer l’équilibre idéologique d’une Union pourtant largement de droite (sur 27 pays, seuls huit gouvernements comptent des socialistes dans leur rang, en incluant l’Italie et la Grèce…) ?" s’interroge Jean Quatremer. Alors que les socialistes se félicitent du ralliement de l’Union européenne (UE) aux propositions de François Hollande, le blogueur du quotidien Libération affirme que les dirigeants européens n’ont pas attendu la ferveur des sondages, qui donnent le candidat de gauche vainqueur à près de 55% contre Nicolas Sarkozy, pour s’interroger sur la nécessité de compléter le pacte budgétaire par une stratégie de croissance. De plus, selon L’Express, suite à la rencontre entre José Manuel Barroso et Mario Monti vendredi 27 avril, bien que l’Union semble désormais appeler les gouvernements à donner la priorité sur la croissance, les moyens pour stimuler cette dernière semblent diamétralement différents. Ainsi, dans le communiqué faisant suite à la rencontre entre le président de la Commission européenne et le chef de gouvernement italien, « la croissance doit se faire en se concentrant progressivement sur la compétitivité et non en augmentant les dépenses publiques », désavouant la stratégie du candidat socialiste d’une relance par la dépense publique, qui « court le risque de redéclencher une crise des dettes souveraines » selon le ministre des Affaires étrangères Alain Juppé, dont les propos sont rapportés par Libération.

L’annonce, par Mario Draghi, de l’importance de mesures structurelles pour favoriser la croissance économique n’a pas manqué d’être commentée par la presse européenne. Selon le quotidien transalpin La Repubblica, l’austérité ne peut être l’unique réponse à la crise de la zone euro, les pays étant entraînés dans une spirale qui les plonge non seulement dans des récessions excessives, mais qui porte également préjudice à l’amélioration de l’équilibre budgétaire dans les pays du sud de l’UE. Ainsi, bien que rien de concret n’ait été décidé entre les Etats membres, le quotidien de centre-gauche salue l’allocution de président de la BCE pour sa portée symbolique : « Ce ne sont encore que des mots, mais ça faisait longtemps que nous ne les avions plus entendus. Il ne s’agit pas d’opposer l’austérité à la croissance…Il faut compléter l’austérité par des mesures qui paraissent immédiatement crédibles aux marchés financiers sans pour autant entraîner de nouvelles hausses d’impôts ».

Un enthousiasme guère partagé par une Allemagne stigmatisée et critiquée par la presse européenne : «  Qu’est-ce que ça veut dire un « pacte de croissance » ? Et comment l’adapter à la thérapie prescrite jusque-là – rigueur, rigueur et encore rigueur ? » s’interroge froidement le Financial Times Deutschland, exhortant Mario Draghi à fournir des réponses rapides et des précisions sur sa politique de croissance.

Des critiques à l’égard de l’austérité allemande qui ne sont pas étrangères à la démission du Premier ministre Mark Rutte, entraînant l’effondrement de la coalition gouvernementale des Pays-Bas, figurant pourtant parmi les « bons élèves » de la zone euro, dont les élections anticipées sont fixées au 12 septembres. En cause ? L’impasse dans les négociations engagées par le gouvernement avec le Parti (d’extrême-droite) pour la liberté sur les 16 milliards d’euros d’économies afin de ramener le déficit public à 3% du PIB. Bien que la formation de Geert Wilders ne fasse pas partie de la coalition gouvernementale, il constituait un soutien qui assurait au Premier ministre une majorité de 76 sièges sur 150 au parlement. Ainsi, dans un article publié le 25 avril par Le Monde, le quotidien français se sert du cas néerlandais pour mettre en garde Angela Merkel contre sa chasse aux déficits budgétaires : « Alors, s’inquiète-t-on un peu partout en Europe, si même ce bon élève (les Pays-Bas) n’arrive pas à appliquer les critères budgétaires de la zone euro sans faire exploser son gouvernement, qui donc va y parvenir ? ... L’Europe vit ces jours-ci un moment crucial. Un moment où la frustration et la peur des sacrifices imposés par les inévitables restrictions budgétaires s’expriment de la manière pourtant la plus sage qui soit : par la voie politique et institutionnelle. D’une certaine façon, Mme Merkel a raison : l’Europe est devenue de la politique intérieure. Mais le message que lui envoient ses ’concitoyens’ européens, Français en tête, n’est certainement pas celui qu’elle voudrait entendre. Ce message est un signal de rejet du modèle allemand de gestion de la crise de l’euro, qui pose l’austérité comme condition préalable à la reprise de la croissance . »

Une grogne que les citoyens pourraient bien faire payer aux alliés d’Angela Merkel dans les urnes. En effet, la crise politique néerlandaise pourrait non seulement entraîner une nouvelle perte dans le club très fermé des membres de la zone euro qui ont su conserver leur triple A, mais également se traduire par une victoire des socialistes et une diminution des sièges pour Geert Wilders. Une victoire socialiste qui ne ferait pas les affaires de la chancelière, la gauche néerlandaise s’opposant, comme l’extrême-droite, aux directives budgétaires européennes. Néanmoins, si les intentions de vote actuelles se vérifiaient dans les urnes le 12 septembre, cela représenterait une autre victoire inédite pour le continent, celle du premier ralentissement de la montée des partis d’extrême-droite en Europe.



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Auteurs

Camilla Barbezat
Titulaire d’un Bachelor en Relations Internationales à l’Université de Genève, conclut par un projet de recherche sur le droit d’ingérence humanitaire, Camilla Barbezat poursuit un Master en études (...)




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