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Une présidentielle encore à faire...



Le très attendu premier tour de l’élection présidentielle française, qui s’est tenu dimanche 22 avril, n’avait rien de surprenant, si l’on s’en tient aux résultats qui hissent les deux candidats Nicolas Sarkozy et François Hollande au poste de présidentiable lors du second tour le 6 mai prochain. C’est, en revanche, sur la place de « troisième homme » que se disputait François Bayrou, Marine Le Pen et Jean-Luc Mélenchon que se créa la surprise. Détenue largement par la candidate du Front national a près de dix points d’écart avec le candidat du Front de gauche qui semblait également bien placé selon les instituts de sondages, elle souffle également la place au “troisième homme” 2007, François Bayrou.

« L’espoir, la gifle et la menace ». C’est ainsi que l’édition du 23 avril du quotidien helvétique Le Temps choisissait d’illustrer en première page le premier tour de l’élection présidentielle. Un espoir incarné par le candidat socialiste qui, avec près de 29% des voix arrachées à Nicolas Sarkozy, qui n’en dénombre que 26%, était le favori des sondages depuis son entrée dans la campagne. Bien qu’il ait souvent eu l’étiquette de « candidat par défaut » accolée à sa candidature, Dominique Strauss-Kahn étant largement pressenti pour la candidature socialiste avant le scandale du Sofitel, il s’impose désormais comme le candidat du changement. Et un changement qui s’incarnerait, de manière surprenante, dans l’Europe, nous informe Le Monde qui a assisté à sa conférence de presse le mercredi 24 avril. En effet, alors que Nicolas Sarkozy joue un jeu dangereux, reprenant le cheval de bataille de Marine Le Pen du thème de l’immigration, la socialiste a réitéré sa volonté d’ajouter au nouveau traité budgétaire un volet sur la croissance, grâce à la mobilisation des fonds européens et du prélèvement d’une taxe sur les transactions financières [1].

Une gifle qui frappe de plein fouet le candidat de l’UMP, malgré l’optimisme affiché par son équipe de campagne dont Jean-François Copé, secrétaire général du parti, soulignant le contexte économique difficile du quinquennat qui s’est écoulé et le faible écart entre la gauche et la droite. Toutefois, la position d’ « outsider » dans laquelle se retrouve le Président sortant est bien plus révélatrice que ne veut bien se l’avouer le clan UMP. En effet, malgré la crise, il reste le premier président sortant de la Vème République briguant un second mandat à ne pas arriver en tête du premier tour. Ainsi, s’il ne parvenait pas à convaincre les électeurs et à rassembler au-delà de son parti le 6 mai, il deviendrait, après Giscard d’Estaing face à François Mitterrand en 1981, le second président sortant à échouer au second tour. Alors que Pierre Veya, dans son éditorial, reste prudent, prédisant une élection « plus serrée que ce que prédisent les instituts de sondage », pour Pierre Ruetschi, de la Tribune de Genève, la victoire de François Hollande ne fait presque plus aucun doute. Dénonçant l’ « incapacité politique » du candidat « bling-bling » de l’UMP, et plus particulièrement ses propositions électoralistes qui n’ont que de cible les électeurs d’extrême-droite, le rédacteur en chef de la Tribune de Genève n’épargne pas pour autant la gauche dont il présage qu’elle ne parviendra pas à réduire la dette publique, capitale pour le bien-être économique de la France.

La menace, c’est celle représentée par Marine Le Pen, avec 17.9%, dépassant le record historique enregistré par son père en 2002 qui le propulsa au second tour et marqua le retrait de Lionel Jospin de la vie politique française. Et si finalement le bloc populiste n’était pas LE grand vainqueur de ce premier tour ? C’est ce que semble penser Pierre Ruetschi, qui constate que le cumul des scores du Front de gauche et du Front national dépasse de loin les votes socialistes. « Hollande en tête, Le Pen en arbitre ». C’est, hélas, la réalité dépeinte par Catherine Dubouloz du Temps. La journaliste met le doigt sur une dimension capitale : les affectations du report des voix, déterminantes pour le second tour. La gauche, et plus particulièrement les électeurs du Front de gauche, ont été appelés à voter François Hollande. Bien que Jean-Luc Mélenchon ait pris soin de ne jamais prononcer le nom du candidat socialiste, il exhorte ses 11,7% de votants à « faire barrage » contre le président sortant : « La seule priorité, c’est de battre Sarkozy, de délivrer l’Europe de cet étau incarné par l’alliance Sarkozy-Merkel (…) Il ne s’agit pas d’un combat personnel, je ne demande rien en échange. La seule chose qui compte c’est de renverser la table… ». Sans consigne de vote, les frontistes seraient 40% à voter pour Nicolas Sarkozy au second tour contre 20% pour François Hollande. Les 40% restants devraient choisir l’abstention ou le vote blanc. Marine Le Pen le sait, il y a un coup à jouer pour le FN, qui pourrait devenir le principal parti d’opposition, une défaite de l’UMP au second tour pouvant conduire la droite républicaine à l’implosion.

Les réactions dans la presse européenne ont surtout été marquées par l’inquiétude face à la poussée de l’extrême droite en France, nous informe la Tribune de Genève. Alors qu’Angela Merkel et le ministre danois socialiste des Affaires étrangères Villy Sovndal se disent « préoccupés » par le vote de dimanche, Jean Asselborn, le chef de la diplomatie luxembourgeoise, s’en prend personnellement au Président de la République. L’accusant d’alimenter la machine FN par ses attaques répétées sur le rétablissement du contrôle aux frontières et la réforme de l’espace Schengen, il affirme : « Si on répète tous les jours qu’on doit changer Schengen, qu’on doit avoir une politique d’immigration forte, qu’on doit parler de l’exception française, et tout cela, c’est de l’eau au moulin du FN ». Ainsi, le droitisation de l’UMP, à Villepinte notamment, sur les frontières « poreuses » de l’Europe, n’aura pas permis, comme en 2007, de rassembler les électeurs d’extrême-droite à son programme. Selon le quotidien polonais Rzeczpospolito, seule une droitisation encore plus forte de son discours pourrait lui permettre d’attirer les faveurs des électeurs qui lui auraient préféré Marine Le Pen au premier tour : « Si Sarkozy veut rêver d’une réélection, il doit tout mettre dans la balance et placer la barre encore plus à droite. Décidément plus à droite. S’il veut l’emporter, il doit devenir lepéniste, ne serait-ce que pour un moment ».

Il ne reste que deux semaines aux deux candidats pour faire la différence dans l’entre-deux tour. Alors que, selon Jean-François Copé, une nouvelle campagne s’est engagée, permettant à Nicolas Sarkozy de détailler un projet passé inaperçu et tardif, la bataille semble pourtant être compliquée pour le clan UMP dont on sent une certaine fébrilité, en témoigne la proposition de trois débats contre un seul selon la tradition républicaine, annoncée par le président sortant dans le cadre de son discours qui a suivi l’annonce du résultat.

« C’est un beau jour. Celui d’une victoire. Celui d’une reconquête en cours » affirmait Benoît Hamon, porte-parole du Parti socialiste. Toutefois, la position de favori occupée par François Hollande n’est pas si confortable qu’elle ne le semble. La chute de Nicolas Sarkozy à portée de main, le socialiste ne peut se permettre de relâcher ses efforts sous peine de démobiliser ses électeurs du premier tour. Le défi consiste non seulement à faire revenir ses électeurs du premier tour mais également à rassembler ceux qui lui avaient préféré un autre candidat. Malgré un sans-faute, il n’est pas à l’abri d’un dérapage, tous les scénarios sont possibles, personne ne pouvant aujourd’hui prédire qui sera le vainqueur de ce second tour….


[1] http://fressoz.blog.lemonde.fr/2012...



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Auteurs

Camilla Barbezat
Titulaire d’un Bachelor en Relations Internationales à l’Université de Genève, conclut par un projet de recherche sur le droit d’ingérence humanitaire, Camilla Barbezat poursuit un Master en études (...)
Søren Henrichsen
Étudiant en master à l’Institut Européen depuis septembre 2010, il y suit l’orientation économie, politique et société. Il a auparavant étudié les relations internationales à l’Université de Genève, avec (...)




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