EUROSBLOGS
--> septembre 2011 juillet 2011 juin 2011 mai 2011 avril 2011 mars 2011 février 2011 janvier 2011
décembre 2010 novembre 2010 octobre 2010 septembre 2010 août 2010 juillet 2010 juin 2010 mai 2010 avril 2010 mars 2010 janvier 2010
décembre 2009 novembre 2009 octobre 2009 septembre 2009 juin 2009 mai 2009 avril 2009 mars 2009 février 2009 janvier 2009
décembre 2008 novembre 2008 octobre 2008 septembre 2008 juillet 2008 juin 2008 mai 2008 avril 2008 mars 2008
Ajouter un commentaire

L’Europe a-t-elle besoin d’un nouveau traité pour sortir de la crise ?



Un pacte de stabilité inutile ? C’est en tout cas l’avis de Daniel Cohn-Bendit, Coprésident du groupe des Verts au Parlement européen. Ce dernier, dans une interview accordée au quotidien Libération, ne mâche pas ses mots pour critiquer le nouveau traité « sur la stabilité, la coordination et la gouvernance dans l’union économique et monétaire ». Nombreux sont ceux qui partagent son opinion. Retour sur un traité qui ne fait pas, et c’est peu dire, l’unanimité.

En janvier déjà, Daniel Cohn-Bendit qualifiait le fameux « traité sur l’Union pour la stabilité », de traité « dont l’Europe n’a pas besoin ». En résumé, il ne « sert à rien ». C’est un avis largement partagé par les parlementaires européens qui regrettent par ailleurs que ce traité se fasse en dehors du cadre légal de l’Union européenne. Selon le Parlement européen, ce traité « s’avère largement insuffisant pour sortir de la crise ».

La presse européenne s’accorde pour dire que le “traité sur l’Union pour la stabilité” (en négociation depuis début décembre 2011) n’existe que grâce à et pour Angela Merkel. Cette dernière a réussi à imposer en moins de deux mois son pacte fiscal à la quasi-totalité de ses partenaires européens (excepté la République tchèque et la Grande-Bretagne). Ce pacte suit la logique selon laquelle une stabilisation des marchés n’est possible qu’avec une formalisation de la rigueur budgétaire. Daniel Cohn-Bendit parle de « pédagogie noire de la rigueur d’Angela Merkel ». L’image de la chancelière sort donc encore une fois écornée des récentes négociations. En effet, tous les Européens la dépeignent en « méchante commissaire de l’austérité ». Le dernier projet allemand visant à mettre la Grèce sous tutelle économique n’a fait qu’envenimer les choses. Mais il ne faut pas oublier qu’un sentiment fort domine chez les Allemands : celui de payer les erreurs des autres. Angela Merkel doit aussi se plier aux contraintes que lui impose son opinion publique nationale. Les implications et motivations sont diverses et variées selon les acteurs. Tout semble aujourd’hui n’être qu’une question de point de vue : créanciers ou débiteurs.

Une chose est néanmoins certaine : ce traité de stabilité fait peur du fait qu’il risque d’encourager des politiques de rigueur trop restrictives qui plongeront l’UE dans une récession profonde. Mario Monti a d’ailleurs mis en garde Angela Merkel dans un article du Financial Times du 15 janvier 2012 « contre un puissant retour de bâton dans les pays soumis à un immense effort de discipline ». Couplé à un risque de récession profonde, c’est l’absence de mesures de relance économique qui est mis en exergue par Daniel Cohn-Bendit, Mario Monti et bien d’autres. En oubliant de relancer son économie, l’Europe reste dans une logique de pur sauvetage, sacrifiant la croissance sur l’autel de la sacro-sainte rigueur budgétaire. Dans un argumentaire très persuasif et convaincant, Daniel Cohn-Bendit montre que les taux d’intérêt ne sont pas liés à des logiques budgétaires mais, au contraire, à des logiques politiques. Il prend l’exemple des États-Unis d’Amérique. Malgré leur endettement colossal, les marchés leur prêtent aveuglement (à des taux plus bas, alors que leur dette est supérieure a celle de la zone euro) lorsque Barack Obama promet d’investir pour relancer l’économie. L’Union européenne ferait sans doute bien de s’en inspirer.

Le déficit de confiance entre partenaires européens et surtout vis-à-vis de la Grèce permet, à l’heure actuelle, d’envisager toutes les options, même celle de la faillite de la Grèce. En effet, de nombreux pays, dont l’Allemagne, la Finlande ou encore les Pays-Bas se demandent s’il ne faut pas arrêter les frais. Le climat est tendu, la Grèce ne montrant aucun signe de redressement. Un élément paraît indéniable, si l’on veut poursuivre sur la voie engagée (une non- exclusion de la Grèce) il faudra trouver un équilibre subtil entre réformes et croissance pour ne pas s’aliéner les peuples d’Europe. Cela nécessitera beaucoup d’argent, beaucoup de temps, mais aussi, - un ingrédient essentiel - de la confiance ! Ce pacte est à la fois la preuve de son absence, mais aussi un hypothétique espoir de la retrouver. Rien n’est certain, ce traité doit maintenant passer par les procédures de ratifications nationales, avec un objectif fixé au mois de mars. Les présidentielles françaises risquent de jouer les trouble-fête, mais les nombreuses lacunes de ce traité devront, elles aussi, être rapidement comblées. Les politiciens et les technocrates ont du pain sur la planche !

Photo : AFP



Aucun commentaire
ds Ajouter un commentaire

Auteurs

Søren Henrichsen
Étudiant en master à l’Institut Européen depuis septembre 2010, il y suit l’orientation économie, politique et société. Il a auparavant étudié les relations internationales à l’Université de Genève, avec (...)




Derniers commentaires

L’avenir de la Genève internationale passe par la construction politique de la région
Par Brieux, le 13 août 2012

D’accord avec vous pour ce qui est de la nécessité d’avoir une gouvernance économique européenne. Ce genre de processus est long et complexe, mais il n’en ressortira que du bon pour la Genève internationale.

Piscine et nettoyage

Le robot piscine est idéal pour nettoyer la piscine en profondeur.

Equipe