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Viviane Reding : "L’Union existe, non pas par la force, mais à travers le respect des règles de droit"



Lors de son passage en Suisse et entre ses deux conférences à Genève sur "Le traité de Lisbonne et la citoyenneté en Europe" et à Lausanne sur "L’avenir des relations Suisse - Union européenne", Viviane Reding, Vice-présidente de la Commission européenne, chargée de la Justice, des Droits fondamentaux et de la Citoyenneté, a accepté de répondre aux questions de trois étudiants de l’Institut européen de l’Université de Genève, pour Euros du Village :

Louis Lepioufle : Une remise à niveau de l’actuelle directive sur la protection des données personnelles pour mettre en œuvre un « droit à l’oubli » n’est-elle pas une annonce politique difficile à mettre en œuvre pour des sociétés dont les serveurs ne sont pas basés au sein de l’Union Européenne ?

Viviane Reding, vice-présidente de la Commission européenne, en charge de la justice, des droits fondamentaux et de la citoyenneté : La protection des données à caractère personnel est un droit fondamental et la possibilité de modifier ou de supprimer les informations qui vous concernent fait partie de ce droit. Pour garantir ce droit, nous avons besoin de règles claires et cohérentes en matière de protection des données. Nous devons également adapter nos législations pour qu’elles restent en phase avec les défis des nouvelles technologies et la mondialisation.

L’internet permet aux responsables du traitement établis en dehors de l’espace économique européen de fournir plus facilement des services à distance et de traiter en ligne des données à caractère personnel. Cependant, je suis convaincue que même si le traitement des données est confié à un responsable établi dans un pays tiers, les intéressés doivent pouvoir bénéficier de la protection à laquelle ils ont droit en vertu de la Charte des droits fondamentaux de l’Union européenne et de la législation de l’UE. Notre objectif est d’assurer le même niveau de protection à tous les résidents de l’Union concernés, indépendamment du lieu d’établissement du responsable du traitement.

Cenni Najy : Vous avez récemment parlé des prochaines votations suisses portant sur l’expulsion des "criminels étrangers". En effet, vous avez estimé que l’initiative soumise au peuple était contraire aux engagements bilatéraux de la Suisse. Pouvez-vous préciser ? 

Viviane Reding : Je suis au courant de l’initiative sur le renvoi qui sera voté fin novembre. Je comprends que le gouvernement s’engage dans la campagne avec un contre-projet.

La Commission ne s’exprime pas sur des projets, mais de toute façon, je suis confiant que le gouvernement suisse prendra toutes les mesures nécessaires pour assurer que les droits des citoyens européens garantis par l’accord sur la libre circulation de personnes et par l’accord Schengen. Selon les accords bilatéraux, la Suisse s’engage à la libre circulation des personnes avec l’Union européenne.

Cenni Najy : En cas d’acceptation de cette initiative (scénario que les derniers sondages semblent accréditer), quelle sera la réaction de la Commission ? Par ailleurs, les actuelles négociations bilatérales entre la Suisse et l’UE (agriculture, électricité etc.) en souffriront-elles ?

Viviane Reding : Les accords bilatéraux prévoient dans une telle situation que la Suisse informe l’Union européenne ainsi que ses Etats membres et que la question soit abordée au sein du comité conjoint, mais seulement dans le cas où la Suisse effectue un changement dans sa législation.

  Mathieu Camescasse : Par la possibilité offerte prochainement par l’initiative citoyenne européenne, quelle sera la réaction de la Commission face à des initiatives émettant des volontés proches de celles que la Suisse a connues ces dernières années ? N’y-a-t-il pas un risque de renforcer les extrêmes ? ou l’euroscepticisme ?

Viviane Reding : L’initiative citoyenne est un instrument important pour que les citoyens puissent s’exprimer, mais elle est actuellement sous discussion par le Conseil et par le Parlement européen et les règles ne sont pas encore décidées. Nous examinerons le contenu des initiatives éventuelles quand les règles seront en place, mais il est clair qu’elle doit être utilisée de manière responsable, et que toute initiative doit être conforme avec nos valeurs, nos droits fondamentaux et nos compétences au niveau européen.

Louis Lepioufle : La situation qui vous a opposé à la France ne traduit-elle pas l’Union Européenne actuelle ? C’est-à-dire une volonté de renforcer l’échelle supranationale par Bruxelles, qui se heurte à un maintien de prérogatives au niveau national et une volonté de ne pas mettre en place une certaine « suprématie » de la Commission ?

Viviane Reding : Le rôle de la Commission européenne en tant que gardienne des Traités est un des fondements de l’Union européenne depuis le début. Il est écrit dans ces mêmes Traités, signés et ratifiés par tout Etat membre et je prends cette responsabilité au sérieux. L’Union existe, non pas par la force, mais à travers le respect des règles de droit adoptées par tous les Etats membres, de manière égale. Ce ne veut pas dire que nous nous opposons à des États membres particuliers. C’est par ce rôle que nous assurons le respect des droits fondamentaux des citoyens européens, le respect de nos règles communs, et le bon fonctionnement de notre marché interne, entre autres.

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Copyright World Economic Forum (www.weforum.org) www.swiss-image.ch/Photo by Severin Nowacki



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Auteurs

Mathieu CAMESCASSE
Diplômé de l’Université Libre de Bruxelles (Bachelier en science politique) et ayant effectué sa troisième année de Bachelier à l’Université de Lausanne, Mathieu Camescasse est actuellement étudiant en (...)
Louis LEPIOUFLE
Étudiant à l’institut européen de Genève, Louis Lepioufle a poursuivi des études d’économie à l’Université de Rennes 1, France. Européen d’abord, il a pris part au programme ERASMUS en effectuant une année (...)
Cenni NAJY
Étudiant en master à l’IEUG depuis septembre 2009, il a auparavant étudié les relations internationales à l’Université de Genève, avec un travail de fin d’études consacré aux milieux économiques suisses (...)




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Pénurie de logements à Genève, grogne française...
Par Nataliya Borys, le 20 avril 2012

Camilla mentionne bien dans son article que les problèmes de blocage pour construire à Genève sont structurels et politiques. Si en France, la décision de construire revient aux maires, à Genève c’est beaucoup plus compliqué. Mais il ne faut pas se leurrer, à voir les réticences des autorités genevoises pour construire, il faut se rendre à l’évidence qu’il manque clairement la volonté politique et économique des décideurs locaux. Alors, quoi faire ? A voir les commentaires des genevois dans les journaux, et dans la rubrique « Coupe de gueule » de Tribune de Genève, il est évident que les Genevois sont contre et ne veulent pas construire et sont opposés à chaque projet de construction et d’agrandissement pour garder leur qualité de vie et les espaces vertes…au détriment des espaces vertes en France. Comme dit justement Roland Rossier dans la « Tribune de Genève » que les Genevois voient les nouveaux habitants comme les hordes de Huns autrefois. Et si la loi sur l’arrêt de l’achat de l’immobilier par le 2ième pilier passe, la construction des logements à Genève, déjà inexistante, sera ralentie, car le prix du logement deviendra inaccessible…et favorisera l’achat de l’immobilier en France voisine. Encore une fois, on déménage les problèmes genevois en France. Un autre exemple de ce matin aussi, l’article « Meyrin préfère surélever », les autorités et la commune luttent contre « le remplissage » de sa cité afin de « conserver notre qualité de vie et ce qui fait l’identité de Meyrin ». Et l’identité des villages français ? D’ailleurs hier se tenait une manifestation des paysans français contre l’urbanisation du Genevois et le gaspillage des terres agricoles au profit des projets de constructions. Les lecteurs s’indignent et protestent « Arrêtez de nous bassiner avec ça » et mentionnent ces Français, qui viennent travailler en Suisse. Et si on parlera de ces Suisses qui vivent en France et profitent du logement accessible aussi ?


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