EUROSBLOGS

Le 9 décembre 2011 a été signé à Bruxelles le traité d’adhésion de la Croatie qui, si tout va bien, deviendra en juillet 2013 (après les ratifications d’usage) le vingt-huitième membre de l’Union Européenne. La Macédoine, la Turquie, le Monténégro et l’Islande sont aussi sur les rangs (sans parler, à un peu plus longue échéance, de la Serbie, de l’Albanie…). En ce temps où l’Europe est devenue systématiquement synonyme de crise, cette dynamique a de quoi interroger, mais on en parle fort peu. Ainsi, comme occultée par la dramaturgie de l’euro, l’arrivée probable d’un nouvel Etat membre est passée presque inaperçue.

La dynamique de l’élargissement fonctionne, depuis une vingtaine d’années, comme un effet quasi mécanique de la disparition du bloc de l’Est. C’est pour tenter par avance de réguler et mieux organiser cet afflux prévisible, que les Chefs d’Etat et de Gouvernement (Conseil Européen) de ce qui était encore les Douze ont élaboré à Copenhague en 1993 des critères d’adhésion à l’Union. Ces « critères de Copenhague » peuvent paraître aujourd’hui à la fois datés, techniques, voire tatillons, sans réussir vraiment à toucher l’essentiel.

Datés, car, visant les anciens pays de l’Est fraîchement émancipés, ils s’enracinent dans l’idée (largement partagée à l’époque) que l’Occident est un modèle vers lesquels ces pays doivent tendre. Aujourd’hui, sans même parler de la crise, comment ainsi ne pas rester perplexe quand on voit qu’il est demandé aux pays souhaitant adhérer à l’Union d’avoir « une économie de marché viable » ? Sans préjuger de ce que cela veut concrètement dire, on serait tenté, à la lumière de la crise qui affecte nombre de (...)

Que dire sur le récent livre d'Isabelle Guisan, Les enfants de l'euro. Portraits de la crise grecque (Vevey, Xenia, 2011 ; photographies de Nelly Rodriguez et Alexis Voelin), cette sociographie pleine d'empathie ? Il y a, tout d'abord, l'écriture, belle et simple. Puis, nous suivons le rythme calme des portraits, malgré la violence du propos. Enfin, nous nous accrochons aux photos, suspendues entre l'espace et le temps des récits.

Portraits d’une crise, vue par les jeunes d’un pays balkanique et européen, en attente d’une réforme, d’une modernité, d’un répit, d’un retour ou d’une révolution, … Réforme, modernité, répit, retour ou révolution : par qui et pour qui ? Et pourquoi faire ? Et si jamais, comment ? Il y a donc tout cela (...)

A l’heure où la diplomatie internationale réunie à Durban peine à relever le défi pourtant de plus en plus évident du changement climatique, les pouvoirs locaux constitueraient-ils un espoir ? Il s’agit de replacer dans cette perspective un instrument européen peu connu : la Convention des Maires. Nous étions à Bruxelles au Parlement Européen le 29 novembre 2011 pour sa troisième cérémonie annuelle de signatures qui témoigne de sa vigueur… Et derrière cette vigueur se cache peut-être plus qu’un espoir : les prémisses encore largement inaperçues d’un véritable basculement. Certes, il nous faudra l’attendre, mais il se pointe à coup presque sûr à l’horizon 2030.

Tout d’abord, rompons une part du suspense en disant ce qu’est la Convention des Maires (Covenant of Mayors)… Il s’agit d’un contrat librement ouvert depuis fin 2008 à la signature des villes, communes et communautés de communes de l’ensemble de l’Europe (pas uniquement de l’UE). En le signant, leurs (...)

Lors d’un récent repas familial, le collégien genevois nous racontait avec enthousiasme son voyage de maturité à Berlin et sa découverte de cette métropole, lorsqu’il commit un lapsus révélateur, bien vite rattrapé, en évoquant la « RDDA » disparue. Ses préparatifs en cours d’allemand étaient fort probablement à l’origine de cette confusion entre la RDA (République démocratique allemande) et la DDR (Deutsche demokratische Republik), entité qu’il n’avait par ailleurs jamais connue et ce quelque soit l’acronyme utilisé.

Une rapide comparaison fut ensuite esquissée avec mon propre voyage de maturité, trente ans plus tôt. La même destination, mais il ne s’agissait pas de la même ville, ni du même monde, puisque existaient alors encore Berlin-Ouest et Berlin-Est, séparées par le Mur gardé par les soldats est-allemands. En (...)

C'est bien connu, un peuple a toujours le gouvernement qu'il mérite. L'ex-premier ministre grec, Georges Papandreou, a essayé de gérer l'ingérable. Marchés et responsables européens, en mettant sous forte pression son gouvernement, lui ont fait perdre trop rapidement ses atouts intérieurs. Le PASOK (le parti socialiste grec) n'a pu proposer que de l'austérité sans fin à ses partisans et à ses concitoyens. Après un pseudo-psychodrame référendaire sur l'appartenance du pays à la zone Euro, le peuple grec sera dirigé par un gouvernement de large coalition pendant quelques mois, voire plus si cela donne satisfaction aux bailleurs des fonds. Sous la direction d'un technocrate (il paraît que c'est à la mode), socialistes et ténors conservateurs (ces derniers restant dans l'opposition !) vont s'efforcer de faire appliquer une politique objectivement inapplicable. Quant à la présence des cadres de l'extrême droite dans ce gouvernement, il est tout de même étonnant que l'Europe institutionnelle ait oublié si vite la défense de ses valeurs démocratiques. Pourquoi a-t-on fait le boycott de l'Autriche de Haider et pourquoi oublie-t-on de faire celui de la Grèce du LAOS (parti d'extrême droite et bien évidemment xénophobe) ?

Sans véritable légitimité populaire, ce gouvernement aura comme unique devoir de continuer une politique d’austérité de plus en plus lourde. La Grèce va certainement sombrer dans la misère pour une longue période. Selon les prévisions de la Commission européenne pour 2012, la récession continuera à (...)

La mise en œuvre du droit extranational n’est pas chose aisée. L’actualité récente en témoigne. En effet, le 22 novembre dernier, le Tribunal administratif de Montreuil (située en Seine Saint Denis en France) a rendu un arrêt assez discutable : désormais les mères voilées ne sont plus en droit d’accompagner leurs enfants lors de sorties scolaires.

La solution comme les motifs qui la fondent m’ont piqué au vif. D’aucuns s’interrogeront sur l’importance de cette décision rendue par une juridiction sans grande envergure dans un cadre franco-français. Et pourtant, l’enjeu est important. Les parents d’élèves, qui, sur une base volontaire, (...)

Alors que l’actualité européenne semble monopolisée par les vicissitudes d’une crise financière et économique qu’on nous rappelle sans précédent, une bonne nouvelle doit être mise en exergue. L’Allemagne, principal contributeur du programme européen d’aide alimentaire (PEAD) a en effet accepté la prolongation du fond jusqu’en 2014 mais en posant ses conditions : Berlin accepte de payer pour autant que le PEAD s'arrête à cette date.

Cette bonne nouvelle a soulagé l’ensemble des acteurs politiques mais aussi de la société civile d’aide aux plus démunis qui, depuis plusieurs mois, s’insurgeaient contre ce qu’ils considéraient comme une rupture symbolique de la solidarité européenne, matérialisée par ledit programme.

Une question de (...)

Tous, nous connaissons la Gare Cornavin qui souvent a été notre premier contact avec Genève. Mais, autant que la Gare Cornavin, nous connaissons bien sûr le mythe de l’enlèvement d’Europe, cette princesse phénicienne emportée par Zeus déguisé en taureau et qui donna son nom à notre continent. Quel rapport entre les deux ? Il est sur le fronton de la Gare ! Mystère donc. Ménageant le suspense, nous mènerons l’enquête. Et partant d’éléments connus, nous irons vers ce que Rimbaud appelait des inventions d’inconnu. Les gares sont une invitation au voyage. En voiture…

La gare

Succédant à un édifice qui avait malencontreusement brûlé en 1909, le bâtiment actuel (actuellement en rénovation, nous y reviendrons) date de 1932. Entre ces deux dates, les Genevois se disputèrent longtemps sur la meilleure manière de reconstruire ce qui était alors un terminus (ce sera ainsi (...)

La Genève internationale est en soi un label de qualité de la cité du bout du lac. Ses contours et son contenu ne cessent de se mouvoir. Porte-voix des organisations gouvernementales mais aussi non-gouvernementales, plate-forme stratégique pour les multinationales et les enjeux économiques du futur, elle définit dans son cosmopolitisme, des potentialités renouvelées en matière de développement durable et de gouvernance. Pourtant dans le débat qui prend corps sur les perspectives du développement cantonal, elle semble être quelque peu oubliée comme si elle n’appartenait pas au patrimoine collectif genevois.

A quoi ressemble aujourd’hui la Genève internationale ? Parle-t-elle anglais, espagnol, chinois ? S’agit-il d’une organisation internationale, d’une ONG, ou d’une multinationale ? Est-elle productrice d’immigration de première et seconde génération ? Est-elle un couple d’étudiants Erasmus ? Sans doute, (...)

Les manifestations du Printemps arabe ont érigé certains lieux de rassemblement en symbole. Si les places de Benghazi, du Caire ou de Tunis ont aujourd’hui recouvré leur fonction première, inoffensive et pratique, de carrefour urbain, l’histoire y a fait une halte et depuis, le Maghreb a pris une nouvelle route. Toutefois au Moyen Orient, certains espoirs restent encore déçus. Contrairement à la place Tahrir de la capitale égyptienne, celle d’Azadi à Téhéran, mère et précurseur de toutes les autres dans ce monde musulman en ébullition, a fini par céder. Des millions de personnes y avaient convergé suite à la fraude massive de l’élection présidentielle de juin 2009, puis tous ont pris peur devant les crimes et les menaces du régime, et ils ont reculé. Beaucoup d’entre eux estiment aujourd’hui que la victoire était pourtant à bout touchant. A l'occasion d'un séjour en Iran, Gauthier Corbat livre un récit analytique sur ces événements vus par la jeunesse iranienne.

Entre résignation et espoir

En ce matin de septembre 2011, plus de deux ans après le passage de la vague verte – nom donné au mouvement contestataire iranien – Téhéran s’étire autour de sa place Azadi en une longue et bruyante mégapole où la pollution et les klaxons ont recouvert et la couleur et les cris (...)

M. Cerutti, vous êtes professeur de philosophie politique à l'Université de Florence. Un de vos domaines de recherche porte sur l'identité politique des Européens. Pour vous qu'est-ce que l'Europe et qu'est-ce qu'un Européen ? L’Europe a été la voie qu’on a prise depuis les années 1950 pour ne pas répéter, dans la vie de notre génération, l’horreur de la guerre totale entre les pays et les cultures d’Europe, et même pour sortir de ce que j’ai connu après, je ne vais pas dire la pauvreté, mais une qualité de vie très basse dans tous les pays sortis de la guerre mondiale : c’est-à-dire paix et prospérité, en un sens paix par la prospérité, c’est la signification que j’ai trouvée dans le processus européen, et je suis heureux que ce processus ait eu lieu. Même les difficultés d’aujourd’hui ne me font pas oublier le fait que l’Europe, sans le processus d‘intégration européenne, aurait été une chose bien différente, plus dangereuse.

Il est souvent reproché à l’UE de souffrir d’une crise de légitimité ou d’un déficit démocratique. Comment appréhendez-vous ces critiques et de quelle(s) légitimité(s) l’UE a-t-elle besoin pour s’affirmer et se faire reconnaître sur la scène internationale ?

Vous l’avez dit, c’est un problème de (...)


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La Laïcité, obstacle à la plénitude de compétence du juge européen de droit commun ?
Par Martine Cerf, le 25 novembre 2011

Désolée, mais vous n’avez rien compris à ce jugement. Les parents accompagnateurs sont considérés comme des personnels éducatifs occasionnel. Des écoles ont été par le passé obligées de couvrir les frais d’accidents survenus à des parents pendant ces sorties pour cette raison et ce n’est pas nouveau.

S’ils sont personnels d’éducation occasionnels, les parents sont soumis à la même règle de neutralité que les enseignants à temps plein. Cela n’a rien à voir avec un prosélytisme supposé ou une aversion encore plus supposée pour le voile.

La cour de Strasbourg ne se prononce pas sur le bien fondé des lois nationales, mais sur le fait qu’elles sont ou non correctement appliquées. En l’occurrence, la loi sur la laïcité l’est parfaitement et ne vous en déplaise, les Français y tiennent.

Je suis à votre disposition pour vous démontrer que c’est un principe de liberté et d’apaisement et pas une loi de limitation des droits comme vous le sous entendez.

Martine Cerf. Association EGALE (Egalité Laïcité Europe)


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